Coupe du Monde 2030 : L’Espagne sous pression face à l’ambition débordante du Maroc

Alors que les préparatifs pour le Mondial 2030 s’accélèrent, le journaliste espagnol José Félix Díaz tire la sonnette d’alarme dans les colonnes du quotidien AS. Son constat est sans appel : si la classe politique espagnole ne se réveille pas, le Maroc prendra le dessus sur l’Espagne dans l’organisation de cet événement historique.

​Le ton est donné outre-Détroit. Dans un éditorial percutant intitulé « Soit les politiques se réveillent, soit le Maroc passera devant l’Espagne », la presse sportive espagnole exprime une inquiétude grandissante face à l’efficacité et à la détermination du Royaume chérifien.

​Le Maroc avance à pas de géant, l’Espagne stagne

​José Félix Díaz souligne le contraste saisissant entre la gestion des deux pays. D’un côté, le Maroc bénéficie d’une vision royale claire et d’une exécution precise et organisée des projets. « Le Roi commande, ordonne et construit. Il veut que 2030 soit la vitrine de ce que le pays africain est capable de réaliser », écrit le journaliste d’AS. Les investissements massifs dans les infrastructures et la modernisation des stades avancent à un rythme soutenu, affichant une volonté de fer de s’imposer comme le véritable leader de cette candidature conjointe.

​De l’autre côté, l’Espagne semble s’embourber dans la lenteur administrative et les querelles politiques. Bien qu’une commission politique ait été créée il y a un an pour superviser le projet, le bilan est jugé décevant : « Peu d’éclat et beaucoup de bruit ». Pour l’instant, les avancées concrètes sont à mettre au crédit du Maroc.

​Un retard politique espagnol qui profite au Royaume

​La situation commence à agacer de l’autre côté de la Méditerranée. Plusieurs villes espagnoles qui aspiraient à devenir des sièges officiels, telles que Murcie, Gijón, La Corogne ou Malaga, sont restées sur le carreau, faute d’avoir su anticiper les exigences strictes de la FIFA en matière de réformes organisationnelles. Et la liste des déceptions pourrait encore s’allonger.

​« Il ne sert à rien que la Fédération travaille si elle n’obtient pas de réponse politique en retour. La FIFA ne pardonne pas », prévient Díaz. Selon lui, si le gouvernement espagnol, les communautés autonomes et les municipalités ne passent pas immédiatement à l’action de manière exécutive, la grand-messe du football mondial en 2030 aura définitivement un accent marocain.

​L’histoire ne suffira pas

​Certes, le journaliste rappelle que le Maroc ne pourra pas arracher à l’Espagne son histoire et son importance fondamentale dans le football mondial. Cependant, le prestige du passé ne suffit plus face aux exigences du présent. Le Maroc prouve chaque jour qu’il ne veut pas être un simple partenaire de second plan, mais bien le moteur principal de ce Mondial.

​Pour l’Espagne, le compte à rebours est lancé. Pour le Maroc, la dynamique est déjà en marche, portée par une ambition nationale que rien ne semble pouvoir arrêter.

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