C’est au cœur du Complexe Mohammed VI de Maâmora que Mohamed Ouahbi a levé le voile sur sa liste des 26 pour le Mondial 2026. Plus qu’une simple énumération, cette conférence a été une démonstration d’autorité et de pragmatisme. Pour le sélectionneur, le temps des tests est révolu : place à la compétition.
Le dogme de la méritocratie
Le message envoyé par Ouahbi est limpide : le maillot national ne se porte pas par héritage, mais par performance. En affirmant d’emblée qu’il n’a fait « aucun cadeau », le technicien pose les bases d’un groupe où la cohésion prime sur les individualités. « Nous avons agi en fonction du projet de jeu », a-t-il insisté, rappelant que chaque nom couché sur cette liste répond à une nécessité tactique précise.
Amaimouni et Sbai : Les garants de l’équilibre
Dans ce puzzle tactique, les profils de Hamza Amaimouni et Yassine Sbai sont loin d’être anodins. Pour Ouahbi, ces joueurs représentent la « fiabilité » indispensable à une campagne mondiale. Si leur présence a pu susciter des interrogations, le sélectionneur les justifie par une discipline tactique irréprochable observée durant le dernier stage à Maâmora. Pour le coach, ils ne sont pas des seconds couteaux, mais des rouages essentiels : leur capacité à comprendre et appliquer instantanément les consignes permet de stabiliser le bloc face à des adversaires de haut niveau, une assurance nécessaire quand la pression monte d’un cran.
Défense et polyvalence : Le plan de bataille
La gestion des cas individuels a été l’autre temps fort. Concernant Nayef Aguerd, pilier indéboulonnable, le staff affiche un optimisme maîtrisé. Mais c’est sur la polyvalence que le sélectionneur semble avoir construit son équilibre. La possibilité de voir Noussair Mazraoui basculer dans l’axe en cas de besoin démontre une volonté d’avoir un groupe « couteau suisse ». L’arrivée du jeune Ayyoub Bouaddi, quant à elle, n’est pas une surprise mais une confirmation : Ouahbi a été séduit par sa maturité, sa capacité à casser les lignes et son explosivité, des atouts qui seront cruciaux pour dynamiser le jeu marocain.
Une montée en régime calculée
Le programme est désormais fixé avec deux tests grandeur nature :
Le 2 juin à Rabat : Une confrontation contre Madagascar pour travailler les automatismes.
Le 7 juin aux États-Unis : Un match face à la Norvège, idéal pour s’acclimater aux conditions locales.
Le 13 juin, le rideau se lèvera sur le Mondial face au Brésil, une affiche qui demande bien plus que de la technique : de la discipline et une solidité mentale. Comme le rappelle Ouahbi, l’objectif est avant tout de rendre les Marocains fiers. Pour les Lions, le défi est posé : le travail acharné sera leur meilleure arme.

