Il avait 19 ans. Il était sur le banc. Il regardait Gareth Bale envoyer une bicyclette dans les filets de Liverpool depuis les tribunes du NSC Olimpiyskiy de Kiev. Il n’était pas dans le onze de départ, mais il avait assez joué en phase de groupes pour décrocher une médaille. C’était le 26 mai 2018. Un gamin qui rêvait.
Ce soir au Puskás Aréna de Budapest, ce même homme avait 27 ans, le brassard de capitaine des Lions de l’Atlas, et il a transformé son tir au but sans trembler pour offrir la Ligue des champions au PSG.
Huit ans. Trois titres. Une légende.
Kiev 2018 — L’apprenti
À 19 ans, Hakimi devient le premier footballeur marocain à remporter la Ligue des champions, avec le Real Madrid de Zidane qui bat Liverpool 3-1. Il est encore en formation, périphérique, mais il est là. Il voit. Il apprend. Il comprend ce que ça fait de soulever la coupe aux grandes oreilles.
Munich 2025 — Le buteur historique
Sept ans plus tard, Hakimi n’est plus spectateur. Il marque en finale contre l’Inter Milan — devenant le premier joueur de l’histoire à scorer contre son ancien club en finale de Ligue des champions. Il choisit de ne pas célébrer, les mains levées en signe d’excuse envers les supporters nerazzurri. Une classe rare. Un geste qui dit tout sur l’homme.
Budapest 2026 — Le capitaine légendaire
Un mois de blessure. Trois jours d’entraînement collectif. Titulaire quand même. Et au moment où tout se joue, sur le point de penalty, Hakimi met le ballon au fond des filets sans trembler.
Trois Ligues des champions. Deux clubs différents. Des buts en quart, en demi et en finale. Un palmarès que seul Eto’o avait approché sur le continent africain. Ce soir, Hakimi l’a rejoint — et sur certains plans, dépassé.
Ce que dit cette trajectoire
Kiev, c’était le rêve d’un gamin de 19 ans qui regardait les grands jouer.
Munich, c’était la consécration d’un joueur au sommet de son art.
Budapest, c’est l’entrée dans la légende d’un capitaine qui a tout gagné malgré tout — la blessure, le temps, la pression.
Huit ans entre la première médaille et le troisième titre. Entre le banc de Kiev et le point de penalty de Budapest.
La même coupe. Un autre homme. Un Lion.

