À peine le temps de savourer la folle séance de tirs au but contre les Oranje que le staff national est déjà en mode commando. Samedi, au NRG Stadium de Houston, c’est un tout autre défi qui se dresse devant notre équipe nationale. Sur le papier, portés par le statut de 6e nation mondiale et une incroyable série d’invincibilité de 33 matchs, les coéquipiers de Yassine Bounou partent favoris. Mais attention au piège ! Ce Canada version 2026 n’a plus rien à voir avec celui de 2022.
Le Canada de Jesse Marsch : Attention au « football-chaos »
Quatrièmes de la Copa América 2024, troisièmes de la Ligue des nations de la CONCACAF, les Canadiens viennent de signer le premier huitième de finale de leur histoire en sortant l’Afrique du Sud (1-0). Sous la houlette de l’Américain Jesse Marsch, les « Canucks » pratiquent un football total basé sur l’intensité, le pressing haut et des transitions électriques. Qu’ils évoluent en 4-4-2 ou en 4-2-3-1, leur but est simple : asphyxier l’adversaire pour frapper immédiatement dans la profondeur. Avec 9 buts inscrits en 4 matchs, leur attaque crache le feu.
Jonathan David, le danger public numéro un
Le joueur à surveiller comme le lait sur le feu s’appelle Jonathan David. L’attaquant de la Juventus, meilleur buteur de l’histoire de sa sélection (42 buts), est un poison permanent. Il décroche, oriente et punit à la moindre occasion. À ses côtés, des flèches comme Tajon Buchanan ou Liam Millar adorent dévorer les espaces. Et au milieu, le métronome Stephen Eustáquio dicte le tempo et excelle sur coups de pied arrêtés, le grand point de vigilance pour notre défense.
Les clés du match pour Mohamed Ouahbi : Confisquer le ballon et piquer sur les côtés
Pour franchir cet obstacle, les Lions de l’Atlas devront imposer leur loi et surtout éviter de tomber dans le piège du « hourra football » et de l’impact physique que cherchent les Canadiens. La Suisse a prouvé en poules qu’en privant le Canada de ballon, on pouvait le faire déjouer (victoire 2-1). Depuis son arrivée, Mohamed Ouahbi a insufflé une culture de possession et de maîtrise collective qui sera notre meilleure arme collective.
Il y aura des coups à jouer, notamment dans le dos des latéraux canadiens qui montent très haut. Le couloir gauche adverse, potentiellement affaibli par un Alphonso Davies tout juste de retour de blessure, sera une cible idéale pour les montées rageuses de notre capitaine Achraf Hakimi, qui fêtera sa 101e sélection, parfaitement combiné avec la vista de Brahim Diaz.
De plus, le Canada arrive diminué au milieu de terrain après le forfait sur blessure d’Ismaël Koné (Sassuolo). Une perte énorme en créativité pour Jesse Marsch. C’est là que notre entrejeu, guidé par la technique et le sang-froid de Neil El Aynaoui, Ayyoub Bouaddi ou Azzedine Ounahi, doit éteindre le pressing canadien et faire basculer la rencontre.
Un choc de philosophies
Ce huitième de finale sera un magnifique duel de styles : la verticalité et la puissance physique canadienne face à la virtuosité technique et la gestion des temps forts de nos Lions. Après avoir fait tomber le Brésil et les Pays-Bas, le Maroc a toutes les cartes en main pour dompter les Canucks et poursuivre son incroyable rêve américain.

