À peine le coup de sifflet final retenti et la qualification en quarts de finale du Mondial validée, le sélectionneur national Mohamed Ouahbi s’est présenté à chaud en conférence de presse. Encore habité par l’intensité de ce succès éclatant face au Canada (3-0), le technicien marocain a livré une analyse lucide, mêlant vérités tactiques, gestion d’effectif et hommage appuyé à la formation nationale.
La vidéo et la profondeur : le déclic de la pause
Le score final reflète mal le combat féroce des 45 premières minutes, où le bloc canadien a exercé un pressing étouffant. En toute franchise, Ouahbi a reconnu les difficultés initiales avant d’expliquer le sursaut de la seconde période :
« La première mi-temps a été très intense, ils nous ont bousculés dans des zones de pression très agressives. À la pause, nous avons utilisé l’analyse vidéo pour corriger le tir. L’idée était simple : sauter leurs lignes de pression en s’appuyant sur nos milieux de terrain et sur Yassine Bounou, tout en cherchant immédiatement la profondeur pour les forcer à reculer. En seconde période, il n’y a pas eu photo, le match était sous contrôle. »
« Le Maroc n’est plus une surprise » : l’hommage à la formation
Interrogé sur la prestation étincelante d’Azzedine Ounahi, le coach a élargi le débat pour saluer l’écosystème du football national et le rôle central de l’Académie Mohammed VI :
« Ounahi est un pur produit de l’Académie. Par rapport à 2022, il a mûri, il a plus d’expérience et son positionnement plus haut sur le terrain le rend redoutable dans les 30 derniers mètres. Tout ce qui nous arrive aujourd’hui est le fruit de la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, qui a investi massivement dans les infrastructures. Nous ne sommes plus une surprise, le Maroc est désormais perçu comme une grande nation, un prétendant. »
État des troupes : priorité à la fraîcheur à 100 %
Alors que les organismes ont été mis à rude épreuve, Mohamed Ouahbi s’est voulu rassurant à chaud sur l’état de son groupe tout en fixant une ligne de conduite claire :
Chadi Riad : préservé car il n’était pas à 100 %. « Dans des matchs à si fort engagement, aucun risque ne sera pris », a martelé le coach.
Saibari & Issa Diop : une simple alerte à la cuisse pour le premier et des crampes pour le second.
La force du banc : le sélectionneur a chaleureusement félicité les joueurs entrants, à l’image de Redouane Halhal (titularisé en charnière) ou Saadan, rappelant que les 26 éléments de la liste s’entraînent à 200 % pour être prêts le jour J.
Cap sur les Bleus : l’humilité avant la revanche
La France a validé son billet pour les quarts de finale face au Paraguay, offrant ainsi à Mohamed Ouahbi et ses hommes des retrouvailles chargées d’histoire avec l’équipe qui les avait éliminés en demi-finale du Mondial 2022. Mais le sélectionneur marocain refuse de tomber dans le piège de l’émotion ou d’une quelconque logique de « revanche » :
« Il n’y a aucune revanche à prendre. L’important pour nous est de récupérer notre fraîcheur, de rester nous-mêmes et d’aborder ce quart avec la même ambition, la même confiance, mais surtout la même humilité. »
Le ton est donné : de la rigueur, du calme et une ambition intacte avant ce choc tant attendu face aux Bleus.

