Le projet de passage de la Botola de 16 à 20 clubs continue de susciter le débat. Mais au-delà de la question du format, une interrogation essentielle se pose : quel sera le modèle de financement de cette réforme ?
Passer à 20 équipes ne signifie pas seulement ajouter quatre clubs au championnat. La Botola passerait de 240 à 380 matchs par saison, soit 140 rencontres supplémentaires. Une évolution qui entraînerait davantage de dépenses liées aux déplacements, à l’hébergement, à la sécurité, à l’organisation et à la production audiovisuelle.
Un gâteau à partager à 20
La question est d’autant plus importante que plusieurs clubs de Botola connaissent déjà des difficultés financières.
Si les ressources actuelles restent inchangées, les droits TV, aides, subventions et autres recettes devront être répartis entre 20 clubs au lieu de 16. Pour accompagner l’élargissement, il faudra donc trouver de nouvelles sources de revenus : meilleure valorisation des droits TV, sponsoring, billetterie et exploitation commerciale des matchs.
Les 140 rencontres supplémentaires peuvent certes offrir de nouvelles opportunités commerciales, notamment grâce à la billetterie et à la visibilité accordée aux sponsors. Mais elles génèrent également des coûts supplémentaires.
Plus de matchs ne signifie donc pas automatiquement plus de revenus.
Une réforme à accompagner
La Botola est déjà confrontée à plusieurs difficultés financières : litiges, interdictions de recrutement, retards de salaires ou encore problèmes de trésorerie.
Le passage à 20 clubs n’est pas nécessairement incompatible avec une gestion saine du championnat. Mais il suppose un modèle économique capable d’absorber les dépenses supplémentaires.
Plusieurs questions restent donc posées : combien rapportera réellement une Botola à 20 clubs ? Quelle sera la valeur des droits TV ? Les sponsors seront-ils au rendez-vous ? Les aides évolueront-elles ?
Le vote de la LNFP a par ailleurs montré que le projet ne fait pas l’unanimité. 17 clubs se sont prononcés en faveur du passage à 20, tandis que le FUS et le Raja ont voté contre. Le Wydad et le Maghreb de Fès se sont abstenus, alors que la Renaissance de Berkane n’a pas participé à la réunion.
Au-delà du débat entre 16 et 20 clubs, l’enjeu est donc de construire une Botola plus solide financièrement, mieux structurée et capable de générer davantage de revenus.
Agrandir le championnat, oui. Mais avec un modèle économique à la hauteur de cette ambition.

