Le président de la FIFA Gianni Infantino se retrouve au cœur d’une bataille de gouvernance à quelques mois de sa réélection prévue en 2027, entre soutiens affichés et menaces judiciaires. En cause : son projet avorté d’ouverture de la Coupe du monde à des investisseurs privés, mené en secret avant d’être révélé puis abandonné cet été.
L’UEFA passe à l’offensive judiciaire
L’UEFA prépare une plainte en droit suisse contre Infantino pour « gestion déloyale », une infraction passible de cinq ans d’emprisonnement qui suppose de démontrer qu’il a intentionnellement porté atteinte aux intérêts de la FIFA. Dans une requête préliminaire de 60 pages déposée devant la justice de Floride, destinée à nourrir une procédure ultérieure en Suisse, l’instance européenne affirme que ce projet a infligé un préjudice direct à la réputation de la FIFA.
Selon l’UEFA, le montage — qui visait à loger les recettes du Mondial dans une société ouverte aux investisseurs privés, présentée fin juillet comme un moyen de développer le potentiel commercial de la compétition — aurait en réalité permis à Infantino et à un cercle restreint de proches, dont Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump, d’acquérir une participation durable dans les actifs les plus précieux de la FIFA, au détriment de l’organisation et de ses membres. L’instance cite aussi les critiques de Carlos Cordeiro, ancien conseiller d’Infantino, démissionnaire après avoir jugé l’opération contraire aux intérêts du football.
Riyad monte au créneau pour soutenir le dirigeant
Face à ces attaques, la Fédération saoudienne de football a affiché jeudi son soutien à Infantino. Dans un communiqué, elle s’est félicitée de la reconnaissance des erreurs, des excuses présentées et de la décision de renoncer au projet, qualifiées de « premiers pas importants », et a affirmé se ranger derrière le dirigeant afin de rétablir l’unité au sein de la famille du football.
Le monde du football reste néanmoins divisé sur sa gouvernance, jugée opaque par ses opposants. Plusieurs grandes fédérations européennes lui ont retiré leur soutien à l’approche du scrutin de mars 2027, où Infantino, appuyé notamment par la confédération africaine, demeure pour l’instant le seul candidat déclaré. L’Arabie saoudite, qui accueillera la Coupe du monde 2034, a massivement investi dans le football ces dernières années, notamment via le développement de son championnat national, où évoluent aujourd’hui Cristiano Ronaldo et Karim Benzema.

