La bataille autour de la finale de la Coupe du monde 2030 prend une nouvelle tournure en Espagne. Après Javier Tebas, président de LaLiga, c’est au tour de José Luis Martínez-Almeida, maire de Madrid, de monter au créneau. Il accuse le Maroc de mener une offensive politique et institutionnelle pour obtenir la finale, tout en évoquant de possibles « conséquences » si le dernier match du Mondial échappait à l’Espagne.
Almeida accuse, sans apporter de preuve
Interrogé par Mundo Deportivo, José Luis Martínez-Almeida a reconnu ne pas être « optimiste » quant aux chances de Madrid d’accueillir la finale du Mondial 2030.
Le maire de la capitale espagnole ne s’est toutefois pas arrêté à ce constat. Il affirme que le Maroc agirait sur les plans politique et institutionnel pour obtenir l’organisation de la finale, sans apporter d’élément concret pour étayer cette accusation.
Dans le même entretien, Almeida reconnaît ne disposer d’« aucune preuve » d’une démarche comparable du gouvernement espagnol pour défendre la candidature madrilène. Membre du Parti populaire (PP), il en profite également pour critiquer le gouvernement de Pedro Sánchez et regretter, selon lui, l’absence d’une mobilisation suffisante en faveur de Madrid.
Le maire madrilène reprend par ailleurs un argument déjà avancé par plusieurs responsables espagnols : celui d’une finale qui devrait naturellement revenir à l’Espagne au regard de son implication dans l’organisation du Mondial 2030.
Un discours déjà entendu du côté de la Fédération espagnole. Rafael Louzán avait notamment affirmé récemment à Sebta : « Où va-t-elle se jouer si ce n’est en Espagne ? »
Après Tebas, la menace d’un retrait
Le plus surprenant dans la sortie d’Almeida intervient lorsqu’il évoque les conséquences d’une éventuelle attribution de la finale au Maroc.
Tout en précisant qu’il ne lui appartient pas de décider si l’Espagne doit remettre en question sa participation au Mondial 2030, le maire de Madrid estime qu’« il devrait y avoir des conséquences, sans aucun doute ».
Une déclaration qui fait écho à celle de Javier Tebas.
Le président de LaLiga avait, le 15 septembre, estimé que l’Espagne devrait « repenser » sa participation au Mondial 2030 si Gianni Infantino était réélu à la tête de la FIFA et si la finale était attribuée au Maroc. Tebas avait alors évoqué l’hypothèse d’un retrait, tout en reconnaissant ne pas savoir s’il fallait effectivement aller jusque-là.
Le lendemain, Tebas était même revenu à la charge en affirmant que, tant qu’Infantino serait à la tête de la FIFA, la finale se jouerait au Maroc, selon lui. La FIFA, elle, n’a toujours pas attribué le dernier match du Mondial 2030.
Une finale encore loin d’être attribuée.
Le débat prend donc une dimension de plus en plus politique alors que la décision officielle n’a pas encore été prise.
Le Maroc a clairement affiché son ambition de voir la finale se jouer au Grand Stade Hassan II. L’Espagne défend de son côté plusieurs options, notamment Madrid et Barcelone, et ses responsables multiplient les déclarations en faveur d’une finale sur son territoire.
Mais une ambition n’est pas une attribution.
Le choix appartient à la FIFA et devra se faire dans le cadre de la coorganisation du Mondial 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
Pour l’instant, la finale n’est donc ni marocaine, ni madrilène, ni barcelonaise.
Elle reste à attribuer.

