Mondial 2030 : le Maroc expose son projet au cœur du football argentin

À quatre ans de la Coupe du monde 2030, le Maroc poursuit sa tournée de présentation et de promotion de son projet à l’international. Cette fois, c’est en Argentine, terre de football par excellence, que le Royaume a choisi de présenter ses ambitions.

Une délégation marocaine participe au Olé Summit 2026, organisé les 29 et 30 septembre à l’Usina del Arte, à Buenos Aires. Invité d’honneur de ce rendez-vous consacré au sport, à l’innovation, aux infrastructures et à l’industrie sportive, le Maroc y présente les grandes lignes de son projet pour le Mondial 2030, qu’il organisera avec l’Espagne et le Portugal.

Au-delà de la compétition, le message porté en Argentine est celui d’un projet qui veut associer football, infrastructures, tourisme, mobilité, formation et développement territorial.

«Nous rêvons d’une finale avec l’Argentine à Casablanca»

Le moment fort de cette présentation concerne naturellement la finale du Mondial 2030.

La délégation marocaine n’a pas caché son ambition de voir le dernier match de la compétition se jouer au Grand Stade Hassan II, en construction à Benslimane, dans la région de Casablanca. Le futur stade doit disposer d’une capacité annoncée de 115.000 spectateurs et constitue l’une des pièces maîtresses du projet marocain.

Et devant le public argentin, le rêve a été formulé sans détour : «Nous rêvons d’une finale avec l’Argentine à Casablanca», a lancé la délégation marocaine, selon Olé.

Une phrase qui résume à elle seule la dimension sportive et symbolique du projet : une finale entre l’Argentine, championne du monde en titre avant le Mondial 2026, et le Maroc, première sélection africaine à avoir atteint les demi-finales d’une Coupe du monde, dans une enceinte de plus de 100.000 places à Casablanca.

Cette ambition marocaine ne constitue toutefois pas une annonce officielle de la FIFA. L’instance internationale a indiqué que la décision concernant le stade de la finale serait prise «en temps voulu». Le Maroc et l’Espagne défendent leurs candidatures respectives pour accueillir le dernier match du tournoi.

L’ambition d’un football marocain devenu continental

À Buenos Aires, le Maroc a également voulu raconter l’évolution de son football.

Présent au Olé Summit, l’ambassadeur du Maroc en Argentine, Fares Yassir, a insisté sur les progrès réalisés par le Royaume et sur la dimension africaine du projet.

«Nous pouvons déjà dire que le Maroc est une puissance footballistique au regard de ce qu’il a accompli en peu de temps», a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter : «Nous voulons nous consolider et montrer au monde que l’Afrique en a la capacité et que le Maroc est un fer de lance pour tout le continent.»

Le propos s’inscrit dans une trajectoire qui dépasse les seuls résultats des Lions de l’Atlas. Le Maroc entend également mettre en avant ses investissements dans les infrastructures, la formation, les académies et les compétitions internationales.

L’accueil de la CAN 2025, du Mondial féminin U17 et de nombreuses autres compétitions constitue, dans cette présentation, une étape supplémentaire dans la préparation du pays aux grands rendez-vous sportifs internationaux. Olé rappelle également que le Maroc dispose déjà d’infrastructures opérationnelles tout en poursuivant la construction de nouveaux équipements.

Des stades, mais aussi des transports et du tourisme

La présentation marocaine en Argentine ne s’est pas limitée au football.

Azzeddine Bijjou, représentant de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), a notamment mis en avant l’écosystème destiné à accompagner les visiteurs pendant le Mondial.

«Les infrastructures sont de premier niveau», a-t-il expliqué, en citant notamment les stades, les aéroports, le train à grande vitesse et les infrastructures énergétiques.

L’objectif est de montrer que le Mondial 2030 ne reposera pas uniquement sur la qualité des enceintes sportives, mais sur l’ensemble de la chaîne d’accueil : transport aérien, mobilité ferroviaire, hébergement, tourisme et connectivité.

La géographie constitue également un argument important. Le Maroc et l’Espagne seront séparés par le détroit de Gibraltar, mais reliés par des liaisons maritimes et aériennes permettant d’imaginer un Mondial véritablement transméditerranéen.

Azzeddine Bijjou a ainsi évoqué le cas d’un supporter pouvant assister à un match à Tanger avant de rejoindre Séville pour une autre rencontre le même jour. Une illustration de la proximité entre les deux pays et de la particularité géographique de cette Coupe du monde.

«Le football ne commence pas dans les stades»

La délégation marocaine a également choisi de remonter aux racines de la culture footballistique nationale.

Jihane Bijjou, manager à la Fondation Maroc 2030, et Othmane Badssi, directeur de mission, ont notamment évoqué l’histoire du football marocain et le passage de l’ancien sélectionneur argentin Carlos Bilardo au Maroc dans les années 1970.

Le message était clair : la construction de stades modernes n’est que la partie visible d’une culture footballistique qui existe depuis longtemps dans les quartiers, les places et les terrains de proximité.

«Le football ne commence pas dans les stades, mais dans les quartiers», ont-ils expliqué.

Cette approche permet au Maroc de présenter 2030 non pas comme un point de départ, mais comme l’aboutissement d’une dynamique sportive et infrastructurelle engagée depuis plusieurs années.

Olé souligne d’ailleurs la présence du football dans les rues marocaines, les places et les plages, ainsi que le développement des académies et des terrains de proximité. Le média argentin rapproche cette culture du football de rue marocain de celle du potrero, si profondément ancrée dans la culture footballistique argentine.

Un stade pour 2030, un héritage pour l’après-Mondial

Le futur Grand Stade Hassan II occupe une place particulière dans cette stratégie.

Avec ses 115.000 places annoncées, l’enceinte de Benslimane est appelée à devenir l’un des symboles architecturaux et sportifs du Mondial 2030. Elle est également au cœur de l’ambition marocaine pour accueillir la finale.

Mais à Buenos Aires, le discours marocain a insisté sur l’après-2030.

«Ce n’est pas seulement un stade pour un tournoi, mais un héritage pour de nombreuses années», ont souligné les représentants marocains.

C’est précisément cette notion d’héritage qui permet au Maroc de présenter le Mondial comme un projet dépassant les 104 matchs de la compétition : équipements sportifs, infrastructures de transport, développement touristique, formation, terrains de proximité et nouveaux usages des enceintes après le tournoi.

Un message adressé à l’Argentine

Le choix de l’Argentine pour présenter le projet marocain n’est pas anodin.

L’Argentine occupe une place particulière dans l’histoire du football marocain. Le souvenir de Carlos Bilardo, les relations footballistiques entre les deux pays et, surtout, l’épopée des Lions de l’Atlas au Qatar donnent une résonance particulière à cette présentation.

Le Maroc s’est également projeté sur la présence des supporters argentins en 2030. Fares Yassir s’est montré particulièrement confiant : «Je ne doute pas qu’il y aura davantage de supporters argentins qu’au Qatar.»

Une manière de rappeler que le Mondial 2030 sera aussi une expérience touristique, culturelle et populaire.

À Buenos Aires, le Maroc a donc présenté bien plus qu’une liste de stades. Il a exposé une vision de la Coupe du monde articulée autour du football, de la mobilité, du tourisme, des infrastructures et de l’héritage.

Et au milieu de cette présentation, une ambition désormais clairement assumée : voir la finale du Mondial 2030 se jouer à Casablanca, dans le futur Grand Stade Hassan II.

 

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