Louzán, le Mondial et la mémoire courte : le Maroc n’est pas un figurant

Le Mondial « né en Espagne », le Maroc qui « participe » : Rafael Louzán réécrit l’histoire du Mondial 2030 à chaque sortie. Un rappel s’impose : ce projet se construit à trois, et c’est la FIFA, pas la RFEF, qui tranchera pour la finale.

Rafael Louzán n’en démord pas. Mercredi, à la mi-temps d’un amical entre l’Espagne U20 et le Mexique U20 à Majadahonda, le président de la RFEF a réuni la presse pour ressasser son refrain : « La Coupe du monde 2030 débutera en Espagne avec l’Espagne et le Portugal. » Il a ajouté que l’Espagne était « le pays le plus important au monde en matière de football », rien de moins.

La scène en dit déjà long. Un président de fédération qui profite d’un match amical de jeunes pour faire campagne sur la finale d’une Coupe du monde, c’est une première, et elle trahit un besoin pressant d’être entendu.

Le Maroc un détail de l’histoire?

Mais c’est la suite qui pique. Selon Louzán, il ne resterait plus qu’à « achever » ce Mondial « né en Espagne et au Portugal », avant de lâcher : « et bien sûr, à laquelle participe le Maroc ». Le Maroc, copropriétaire du projet, rétrogradé au rang d’invité. Six stades homologués, un Grand Stade Hassan II candidat à la finale et destiné à devenir l’un des plus grands du monde : tout cela tient dans un « bien sûr ».

Le vocabulaire est limpide. Un Mondial qui « commence » et « s’achève » chez soi, c’est une compétition que l’on s’approprie. L’Espagne s’offre même l’édition du centenaire, alors que l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay devaient accueillir les matchs d’ouverture, au nom de l’histoire. Louzán passe sur ce détail avec la même désinvolture.

Un Mondial à trois, pas à un

Une candidature à trois suppose un équilibre entre trois partenaires. Elle n’autorise personne à s’arroger le premier rôle à coups de déclarations. Et sur la finale, le dirigeant espagnol sait très bien ce que tout le monde sait : la décision appartient à la FIFA, en coordination avec les organisateurs, loin des micros et du vacarme.

Ni Louzán, ni les responsables sportifs et politiques espagnols qui reprennent la même ritournelle n’auront le dernier mot. Plus ils crient, plus ils donnent l’impression de craindre de ne pas l’avoir.

 

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