Le dossier Negreira n’est décidément pas près de disparaître. Alors que l’affaire semblait s’être figée sur le plan sportif en Espagne, elle connaît un nouveau rebondissement à l’échelle européenne. L’UEFA a réactivé son dossier concernant le FC Barcelone après avoir reçu du Real Madrid une importante documentation consacrée aux paiements effectués pendant près de deux décennies à José María Enríquez Negreira, ancien vice-président du Comité technique des arbitres espagnol.
Selon AS, le Real Madrid a transmis à l’instance européenne un volumineux dossier comprenant près de 50.000 folios, ainsi que des documents et déclarations destinés à étayer sa démarche. Le club madrilène avait officiellement saisi l’UEFA en juin dernier, demandant que les éléments relatifs à l’affaire soient examinés dans le cadre disciplinaire européen.
L’UEFA a confirmé avoir reçu une quantité substantielle de documents du Real Madrid. Ses inspecteurs chargés de l’éthique et de la discipline vont désormais les intégrer à l’examen du dossier Negreira, déjà ouvert par l’instance européenne en 2023.
8,4 millions d’euros au cœur de l’affaire
Entre 2001 et 2018, le FC Barcelone a versé au total 8,4 millions d’euros à des sociétés liées à Negreira, qui occupait alors la vice-présidence du Comité technique des arbitres espagnol.
La question centrale est de déterminer la nature exacte de ces paiements et leur finalité. Le FC Barcelone affirme qu’ils correspondaient à des prestations de conseil et à des rapports techniques sur l’arbitrage. Le Real Madrid estime, de son côté, que les éléments réunis justifient un examen approfondi par les instances disciplinaires européennes.
L’affaire prend ainsi une dimension particulière car le cadre disciplinaire de l’UEFA possède sa propre logique et ne se confond pas avec les procédures judiciaires ou sportives espagnoles.
Le Barça risque une exclusion européenne
C’est précisément là que le dossier devient sensible pour le FC Barcelone.
L’article 4 du règlement d’admission aux compétitions de l’UEFA prévoit qu’un club peut être déclaré non admis pour une saison si l’instance européenne estime, sur la base des éléments dont elle dispose, qu’il a participé directement ou indirectement à une activité destinée à influencer illicitement le résultat d’un match.
L’UEFA précise également que sa décision peut être prise indépendamment d’une éventuelle décision d’une juridiction nationale. Autrement dit, une éventuelle prescription ou décision rendue en Espagne ne fermerait pas automatiquement la porte à une procédure européenne.
Dans le scénario le plus lourd, le Barça pourrait donc être privé de participation à une compétition européenne pendant une saison. Le cadre disciplinaire de l’UEFA prévoit également différentes sanctions selon la nature et la gravité de l’infraction établie, pouvant notamment comprendre des amendes ou une exclusion de compétitions.
Mais aucune sanction n’a été prononcée à ce stade.
Le Real Madrid demande d’aller vite
Le Real Madrid souhaite désormais que l’UEFA avance rapidement dans l’examen du dossier. Le club considère que les nouveaux éléments transmis à Nyon doivent permettre aux enquêteurs européens de reprendre l’ensemble du dossier et d’en tirer les conséquences disciplinaires qu’ils jugeront appropriées.
Pour le FC Barcelone, l’enjeu est donc considérable. Il ne s’agit pas seulement de répondre aux accusations portées depuis plusieurs années en Espagne, mais également de convaincre l’instance européenne qu’aucune atteinte à l’intégrité des compétitions n’est établie.
Après plusieurs années de procédures, de débats judiciaires et de controverses, l’affaire Negreira change donc une nouvelle fois de terrain. Cette fois, c’est à Nyon que les documents du Real Madrid sont examinés.
Et si l’UEFA venait à considérer que les éléments réunis établissent une violation de ses règles d’intégrité, les conséquences sportives pour le Barça pourraient être autrement plus lourdes qu’une simple nouvelle étape judiciaire.

