Maroc-Mali : le onze du Mondial à l’épreuve des rotations

Les Lions de l’Atlas affrontent le Mali en amical, ce dimanche à Tanger. Après deux victoires face au Gabon et au Lesotho, obtenues au terme de rencontres marquées par de nombreux changements, Mohamed Ouahbi est confronté à un nouveau choix : retrouver l’ossature du Mondial 2026 ou poursuivre sa revue d’effectif ?

Deux victoires, plusieurs visages

Le Maroc a parfaitement lancé sa campagne de qualification pour la CAN 2027. Vainqueurs du Gabon (2-0) à Rabat, puis du Lesotho sur le même score à Bloemfontein, les Lions de l’Atlas ont fait le plein de points. Mais au-delà des résultats, ces deux rendez-vous ont surtout permis au sélectionneur d’élargir ses options.

Les changements opérés d’une rencontre à l’autre ont offert du temps de jeu à plusieurs profils et permis d’évaluer différentes associations. Une démarche compréhensible à ce stade de la saison, même si elle a parfois éloigné la sélection de ses repères habituels.

Le Mali représente un test d’une autre nature. Face à une équipe rompue aux compétitions continentales, les Marocains pourront mesurer la solidité de leurs automatismes contre une opposition plus exigeante. Reste à savoir si Ouahbi privilégiera la continuité ou s’il profitera de ce match amical pour poursuivre ses expérimentations.

L’ossature du Mondial comme point de référence

Malgré les rotations, le sélectionneur dispose déjà d’une base sur laquelle s’appuyer. Le parcours du Maroc au Mondial 2026 a permis de dégager une ossature autour de Yassine Bounou, d’Achraf Hakimi et d’une défense articulée notamment autour d’Issa Diop et de Chadi Riad.

Au milieu, Neil El Aynaoui, Ayyoub Bouaddi et Azzedine Ounahi ont progressivement trouvé leur place dans l’organisation marocaine. En attaque, Brahim Diaz et Ismael Saibari figurent également parmi les éléments importants du dispositif, tandis que Bilal El Khannouss a su saisir sa chance sur le flanc gauche après le forfait d’Abdessamad Ezzalzouli.

De retour, Abde a retrouvé une place de titulaire contre le Gabon. Le sélectionneur dispose donc de plusieurs éléments pour reconstituer son équipe de référence, à condition de composer avec les absences qui affectent particulièrement l’arrière-garde.

Une défense à recomposer

Chadi Riad est blessé. Nayef Aguerd, de son côté, suit un protocole de reprise qui impose une gestion prudente de son retour à la compétition. Sa participation contre le Mali dépendra de son évolution et de la décision du staff technique.

Le forfait de Noussair Mazraoui constitue une autre contrainte. Touché face au Lesotho, le latéral a été libéré par la sélection et a rejoint Manchester United vendredi. Son absence prive Ouahbi d’un cadre important et l’oblige à revoir ses solutions sur le côté droit.

Dans l’axe, plusieurs possibilités restent ouvertes. Abdelhamid Aït Boudlal, titularisé face au Lesotho, peut prétendre à une nouvelle opportunité. Redouane Halhal et Marouane Saadane constituent également des alternatives pour compléter le dispositif défensif.

Ces absences limitent la possibilité de reconduire à l’identique le onze du Mondial. Elles offrent néanmoins au sélectionneur l’occasion d’évaluer la capacité de ses remplaçants à s’intégrer dans une organisation plus stable.

Le moment de retrouver les automatismes ?

Les rotations ont leur utilité : elles permettent de tester des joueurs, de renforcer la concurrence et d’élargir les options disponibles. Mais leur intérêt ne prend pleinement son sens que si le sélectionneur parvient ensuite à dégager une hiérarchie et à consolider les mécanismes collectifs.

Le rendez-vous face au Mali peut précisément servir à cela. Sans renoncer aux essais imposés par les circonstances, Ouahbi a l’occasion de réunir une grande partie de ses cadres et de vérifier si les repères acquis au Mondial résistent à une opposition plus relevée.

Le résultat comptera, même en amical. Mais les choix du sélectionneur seront tout aussi instructifs : jusqu’où ira-t-il dans les rotations, et quelle place accordera-t-il à la continuité ?

Après deux victoires qui ont surtout permis de distribuer les rôles, le Maroc aborde une autre étape de son rassemblement. Il ne s’agit plus seulement de multiplier les options, mais de déterminer lesquelles peuvent fonctionner ensemble. Face au Mali, Ouahbi devra trouver l’équilibre entre la gestion de son groupe et la nécessité de préserver les automatismes des Lions de l’Atlas.

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