L’audience consacrée au recours du Sénégal contre la décision de la CAF dans le dossier de la finale de la CAN 2025 s’est achevée ce jeudi 8 octobre à Lausanne. La Fédération sénégalaise de football (FSF), la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF) ont présenté leurs arguments devant la formation arbitrale du Tribunal arbitral du sport (TAS).
Place désormais aux délibérations. Et contrairement à ce que certains pourraient penser, le verdict ne sera pas rendu immédiatement.
L’audience, tenue à huis clos, s’est déroulée de 9h30 à 14h30, heure suisse. Les trois parties ont pu exposer leurs arguments et répondre aux éléments avancés par leurs adversaires.
Au centre du dossier figure la décision du Jury d’appel de la CAF du 17 mars dernier. Après les événements survenus lors de la finale de la CAN 2025, marquée notamment par la sortie des joueurs sénégalais du terrain pendant la rencontre, la CAF avait finalement attribué la victoire au Maroc sur tapis vert, sur le score de 3-0, en application des articles 82 et 84 du règlement de la compétition.
Les arbitres vont désormais délibérer
Après l’audience, les trois arbitres du TAS se retirent pour examiner le dossier. La formation est présidée par le Français Gérald Simon, accompagné de l’Italien Luigi Fumagalli et de l’Allemand Ulrich Haas.
Chacun va prendre position sur les différents aspects du dossier avant qu’une décision ne soit adoptée de manière collégiale. En cas de divergences entre les arbitres, le président de la formation joue un rôle déterminant dans la recherche d’une décision commune.
Le directeur général du TAS, Mathieu Reeb, avait toutefois prévenu qu’aucun verdict ne serait rendu immédiatement après l’audience. Il a indiqué qu’une décision pourrait intervenir dans les jours suivants, voire plus tard si la formation souhaite rédiger une sentence particulièrement détaillée.
Que peut décider le TAS ?
Plusieurs scénarios sont possibles.
Le TAS peut confirmer la décision du Jury d’appel de la CAF. Dans ce cas, le Maroc conserverait officiellement le titre de champion d’Afrique attribué sur tapis vert.
La juridiction sportive peut également annuler cette décision ou encore renvoyer le dossier devant l’instance compétente de la CAF afin qu’elle soit réexaminée.
L’enjeu de la procédure n’est donc pas de rejouer la finale ni de déterminer qui aurait « mérité » de gagner sur le terrain. Le TAS doit principalement examiner la légalité de la décision prise par le Jury d’appel de la CAF et sa conformité aux règlements applicables.
Et après le verdict ?
Une fois la sentence arrêtée par la formation arbitrale, celle-ci passe encore par une procédure interne de vérification avant sa communication officielle aux parties.
La sentence peut ensuite, dans des circonstances très limitées, faire l’objet d’un recours devant le Tribunal fédéral suisse. Celui-ci ne constitue toutefois pas une nouvelle instance sportive appelée à rejuger le fond de l’affaire. Son intervention est limitée à certains motifs précis, notamment des questions liées à la compétence du tribunal arbitral, à sa constitution ou au respect des droits des parties.
Pour l’heure, le dossier reste donc entre les mains des arbitres du TAS. Après plusieurs mois de procédure, le Maroc et le Sénégal entrent dans la dernière ligne droite d’un feuilleton juridique qui dépasse désormais largement le cadre du terrain.

