FIFA-UEFA : Infantino sous pression, un Conseil à très haute tension

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Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a retrouvé ses principaux détracteurs lors d’une réunion du Conseil de l’instance, jeudi 15 octobre à Zurich. Au menu : l’échec d’un projet commercial de plusieurs milliards de dollars, un plan de financement de 6,35 milliards de dollars pour le développement du football, la controverse autour du Prix de la paix attribué à Donald Trump et les prémices d’une bataille électorale avant le scrutin présidentiel de mars 2027.

Le football mondial traverse une zone de turbulences. Plus de trois heures de discussions n’ont pas suffi à dissiper les divergences entre Gianni Infantino et ses opposants, emmenés notamment par Aleksander Čeferin, président de l’UEFA. La réunion a surtout mis en évidence une fracture persistante au sommet de la gouvernance du football international.

Le projet FFE au cœur des tensions

Premier dossier sensible : l’abandon de FIFA Forward Enterprise (FFE), un projet porté par Gianni Infantino visant à ouvrir certaines activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés, notamment autour des droits liés aux compétitions internationales.

L’initiative, annoncée en juillet, avait provoqué une levée de boucliers au sein du football international avant d’être abandonnée. Ses détracteurs réclament des explications sur les modalités du projet, sa gouvernance et les garanties entourant la valorisation des actifs de l’instance.

Lors de la réunion de Zurich, le président de la FIFA a apporté des éléments d’explication et exprimé des regrets concernant l’échec de cette opération. Mais ses réponses n’ont pas convaincu ses opposants. Debbie Hewitt, présidente de la Fédération anglaise de football, a notamment déploré l’absence de réponses satisfaisantes aux questions soulevées.

L’UEFA et plusieurs autres instances continentales ont exprimé leur défiance envers le patron de la FIFA. Au-delà du projet avorté, les discussions portent désormais sur les mécanismes de contrôle, la transparence et l’équilibre des pouvoirs au sein de l’organisation.

Un plan de 6,35 milliards de dollars pour les fédérations

Autre sujet majeur : le financement du développement du football pour le cycle 2027-2030. La FIFA prévoit un programme de 6,35 milliards de dollars destiné notamment à soutenir ses 211 fédérations membres et les confédérations régionales.

Ce dispositif pourrait permettre à chaque fédération nationale de recevoir jusqu’à 25 millions de dollars sur la période concernée. Son financement reposerait en partie sur les recettes générées par les compétitions internationales, notamment la Coupe du monde 2026.

Cette perspective intervient alors que plusieurs confédérations réclament une augmentation des aides accordées aux fédérations nationales. La redistribution des revenus constitue ainsi un enjeu sportif, économique et politique majeur.

L’ampleur des montants annoncés ne suffit toutefois pas à dissiper les interrogations sur la gouvernance de la FIFA. La question est désormais de savoir si ce programme permettra de répondre aux attentes des associations nationales tout en restaurant la confiance entre les différentes composantes du football mondial.

Le Prix de la paix et la question de la gouvernance

La controverse autour du Prix de la paix de la FIFA, attribué à Donald Trump en décembre 2025, constitue un autre point de friction. Cette distinction, critiquée depuis son annonce, a alimenté les interrogations sur les choix de la direction de l’instance internationale.

Les procédures disciplinaires de la FIFA figurent également parmi les sujets sensibles. L’indépendance des organes de décision, la transparence des procédures et l’application des règlements sont au cœur des débats.

Ces dossiers dépassent les simples divergences personnelles entre dirigeants. Ils posent la question de la capacité de la FIFA à garantir une gouvernance transparente et à préserver la confiance de ses fédérations membres.

Une opposition toujours sans candidat consensuel

À quelques mois de l’élection présidentielle du 18 mars 2027, prévue à Rabat, la question de la succession de Gianni Infantino s’impose progressivement comme l’enjeu central de cette confrontation.

À la tête de la FIFA depuis 2016, le dirigeant suisse entend briguer un nouveau mandat. Face à lui, ses opposants cherchent une candidature susceptible de rassembler suffisamment de soutiens pour contester sa réélection. Mais, malgré les critiques, aucune alternative consensuelle ne s’est encore imposée.

La date limite de dépôt des candidatures, fixée au 18 novembre 2026, rapproche l’échéance. L’opposition doit désormais transformer ses désaccords avec la direction actuelle en une stratégie électorale commune.

Gianni Infantino conserve, de son côté, des soutiens importants en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Ces alliances constituent un atout déterminant dans un scrutin où les voix des fédérations nationales jouent un rôle central.

Le Conseil de Zurich n’aura donc pas dissipé les incertitudes. Il aura plutôt confirmé que la bataille pour l’avenir de la FIFA se joue sur deux terrains : celui de la gouvernance et celui des alliances électorales.

À l’approche du scrutin de Rabat, Gianni Infantino se retrouve sous pression, mais ses adversaires doivent encore relever un défi majeur : s’accorder sur un candidat capable de fédérer une majorité et de transformer la contestation en véritable alternative.

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