Wydad : Ibrahim El Assri dévoile l’ampleur des dettes et revient sur les dossiers Ziyech et Paniagua

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Invité de l’émission « Al Haqiqa fi 90 minutes », présentée par Adil Aomari sur Radio Mars, le président du Wydad de Casablanca, Ibrahim El Assri, a apporté des éclaircissements sur plusieurs dossiers sensibles : un passif de 114 millions de dirhams, des litiges devant la FIFA, le départ de Hakim Ziyech et l’actionnariat de la société sportive. Le dirigeant affirme vouloir assainir les finances du club tout en préservant ses intérêts sportifs et institutionnels.

Le Wydad de Casablanca fait face à plusieurs chantiers depuis l’arrivée d’Ibrahim El Assri à sa présidence. Entre les dettes héritées, les contentieux internationaux et les interrogations entourant la gestion de la société sportive, le nouveau dirigeant a profité de son passage sur Radio Mars pour préciser sa position sur des dossiers qui alimentent les débats chez les supporters des Rouge et Blanc.

114 millions de dirhams de dettes et des litiges coûteux

Ibrahim El Assri a révélé que le passif financier du Wydad atteignait 114 millions de dirhams, soit 11,4 milliards de centimes, selon le rapport financier du club. Un montant qui illustre l’ampleur du travail auquel la nouvelle direction doit s’atteler.

Le président assure que son bureau a choisi d’assumer les engagements existants et de mobiliser les moyens nécessaires pour faire face aux obligations du club. Il a également démenti les informations faisant état d’un nantissement des recettes du Wydad auprès de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et de la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) afin de lever l’interdiction de recrutement.

Selon les propos rapportés par Radio Mars, Ibrahim El Assri a contesté cette interprétation, estimant qu’un nantissement supposait notamment une opération impliquant un établissement bancaire. Il affirme que le club n’a reçu aucun financement de la Fédération ni de la Ligue dans ce cadre.

Au-delà du passif global, le président a évoqué le poids des litiges traités devant la FIFA. Selon ses déclarations, les sommes versées pour régler plusieurs contentieux atteignent 27 millions de dirhams.

Le dossier de l’attaquant brésilien Artur, lié à Fluminense, figure parmi les affaires citées. Ibrahim El Assri a indiqué que son règlement avait coûté 12 millions de dirhams au Wydad, une dépense qu’il juge particulièrement lourde au regard de l’apport sportif attendu du joueur.

Le cas du Bolivien Paniagua constitue un autre dossier délicat. Le président a rappelé les déclarations de son prédécesseur, Hicham Aït Menna, qui avait évoqué une offre avoisinant les 40 millions de dirhams pour le transfert du joueur. Selon El Assri, le Wydad doit désormais faire face à une créance d’environ 20 millions de dirhams pour solder ce contentieux.

La direction cherche une issue à cette affaire, notamment en reprenant les discussions autour du joueur et de son éventuelle réintégration à l’entraînement.

Ces dossiers illustrent les conséquences financières que peuvent entraîner certains transferts et contentieux. Pour la nouvelle équipe dirigeante, la priorité est de limiter les risques de nouvelles sanctions et de retrouver des marges de manœuvre sur le marché des transferts.

Hakim Ziyech : un départ sans différend salarial, selon El Assri

Autre sujet abordé lors de l’émission : le départ de Hakim Ziyech. Ibrahim El Assri a tenu à démentir les informations selon lesquelles la rémunération de l’international marocain aurait été au cœur de la séparation.

Le président du Wydad affirme ne pas avoir demandé au joueur de réduire son salaire et assure qu’aucun conflit financier n’a opposé les deux parties.

Il a également rejeté les spéculations sur les émoluments du joueur, rappelant que l’intérêt du Wydad devait primer sur toute considération individuelle.

D’après le dirigeant, la séparation aurait été décidée d’un commun accord, sur fond de divergences concernant certaines orientations du projet sportif. Il réfute ainsi l’idée d’un bras de fer contractuel avec l’ancien joueur de Chelsea.

El Assri a également apporté des précisions sur une clause contractuelle évoquant un montant de 5 millions de dirhams. Selon ses explications, si un transfert dépassait ce seuil, le montant de l’opération devait être réparti à hauteur de 60 % pour le Wydad et de 40 % pour le joueur.

Ces déclarations visent à clarifier les conditions du départ de Ziyech, dont le passage au club avait suscité de nombreuses attentes. Elles restent toutefois celles du président, qui entend mettre fin aux spéculations sur les circonstances de cette séparation.

Société sportive : l’association conserverait la majorité des parts

Ibrahim El Assri s’est également exprimé sur la structure de la société sportive du Wydad et les interrogations entourant la répartition de son capital.

Le président affirme que l’association sportive détient la majorité des actions, ce qui lui permettrait de conserver le contrôle stratégique du club malgré l’ouverture du capital à des investisseurs.

Il a par ailleurs relativisé l’importance d’une participation personnelle symbolique, estimant que la gouvernance du Wydad ne saurait se résumer à la détention d’une action par tel ou tel dirigeant. Il a également salué la contribution de Kamal Dissawi, présenté comme un actionnaire ayant apporté son soutien au projet du club.

Interrogé sur son prédécesseur, Hicham Aït Menna, El Assri a indiqué vouloir se concentrer sur les dossiers de la nouvelle direction. Quant à l’éventualité d’un audit de la gestion précédente, il a renvoyé cette question à la position des adhérents, tout en écartant toute volonté de règlement de comptes personnel.

Pour lui, le Wydad doit rester au-dessus des personnes et des intérêts individuels. La priorité est de préserver l’institution, de clarifier sa gouvernance et de réunir les conditions nécessaires à son redressement.

Un chantier financier et sportif de grande ampleur

À travers ses différentes interventions, Ibrahim El Assri a voulu exposer les difficultés auxquelles son bureau est confronté et préciser les choix opérés sur plusieurs dossiers sensibles.

Le passif annoncé de 114 millions de dirhams, les 27 millions consacrés au règlement de litiges devant la FIFA, les dossiers Artur et Paniagua, ainsi que les explications sur le départ de Hakim Ziyech dessinent les contours d’un chantier qui dépasse la seule gestion quotidienne de l’équipe.

La direction doit simultanément maîtriser les dépenses, régler les contentieux, travailler à la levée des restrictions sur le recrutement et préserver la stabilité institutionnelle du club.

Reste désormais à traduire ces déclarations en résultats concrets, aussi bien sur le plan financier que sportif. Pour le Wydad, l’enjeu est de retrouver une situation plus saine sans compromettre ses ambitions ni la place qu’il occupe dans le football marocain.

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