Le fabuleux destin de Hicham Dguig

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À Rabat, le Maroc bat l’Angola 5-2 en finale et s’offre une quatrième CAN de futsal consécutive. Le tournoi a été à sens unique : 28 buts marqués, seulement 2 encaissés. Le Maroc a signé 17 buts sans en concéder aucun en phase de groupes (4-0 contre l’Algérie, 7-0 contre la Zambie, 6-0 contre la Libye), puis un 6-0 contre l’Égypte en demi-finale. Youssef Jouad a été élu meilleur joueur, Youssef Bensallam meilleur gardien, et Soufiane El Mesrar a reçu le prix du fair-play. Derrière cette domination, un nom : Hicham Dguig, aux commandes depuis 2010.

Un chantier ouvert en 2010

Natif de Kénitra, Dguig hérite d’une sélection qui n’a alors aucun statut sur la scène internationale. Dès les Jeux méditerranéens en Libye, malgré une cinquième place, il est élu meilleur entraîneur de la compétition. En 2012, le Maroc se qualifie pour son premier Mondial, en Thaïlande, mais la réalité est dure : trois défaites, quinze buts encaissés pour cinq marqués. En 2016 en Colombie, nouvelle élimination dès le premier tour. La qualification ne suffit plus, il faut gagner.

Septembre 2012 : la route de Tétouan

Le 1er septembre 2012, le minibus de Sebou Kénitra, en route vers Tétouan, est impliqué dans un grave accident. Amine El Yaghzi et Ismail Khayati, deux jeunes espoirs du futsal marocain, perdent la vie. Dguig, gravement atteint à la colonne vertébrale, apprend que marcher à nouveau n’est pas garanti. Il suit une longue rééducation avant de revenir sur les terrains. Un retour qui n’efface rien : aucun titre ne remplace ceux qui ne sont plus là.

Le palmarès, édition après édition

Le premier sacre continental arrive en 2016, en Afrique du Sud. Suivent la CAN 2020 à Laâyoune (5-0 contre l’Égypte en finale), celle de 2024 à domicile (5-1 contre l’Angola), puis celle de 2026. Entre-temps, le Maroc a remporté la Coupe arabe en 2021, 2022 (dont un 16-0 contre la Somalie) et 2023 (7-1 contre le Koweït en finale). En 2022, en Thaïlande, il s’est aussi adjugé la Coupe des Confédérations face à l’Argentine, tenante du titre. Résultat : une huitième place mondiale et, en 2023, le titre de meilleur entraîneur de futsal de la planète décerné par Futsalplanet.

Le Brésil, mur des quarts

Au Mondial 2021 en Lituanie, le Maroc passe pour la première fois le cap des huitièmes en éliminant le Venezuela, puis s’incline 0-1 contre le Brésil. Trois ans plus tard en Ouzbékistan, il sort l’Iran (4-3) avant de retomber face aux Brésiliens (3-1), futurs champions du monde. Deux quarts de finale, deux fois le même adversaire : l’écart se réduit, sans être comblé.

Un staff, un vestiaire

Dguig n’avance pas seul. Adil Habil, Yahya Baya et Achraf Saoud assurent la continuité du staff, Rabie Zaari s’occupe des gardiens, et la formation des jeunes alimente le groupe. Sur le terrain, Soufiane El Mesrar et Bilal El Bakkali incarnent l’expérience accumulée au fil des campagnes. Le Maroc de Dguig, c’est d’abord de la stabilité : mêmes principes, mêmes visages, une exigence maintenue d’un cycle à l’autre.

Et après ?

Avec la Coupe du monde 2028 en ligne de mire, l’objectif est clair : atteindre enfin les demi-finales. Il faudra pour cela renouveler l’effectif, continuer à former et faire évoluer le jeu, car chaque adversaire cherche désormais à battre le champion d’Afrique. Le palmarès de Dguig est déjà considérable, mais l’essentiel de son héritage se jouera sur sa capacité à préparer la suite.

 

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