Mondial 2030: de la lettre de Kigali aux ambitions du Grand Stade Hassan II

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L’édition du centenaire de la Coupe du monde porte une ambition qui dépasse le football. C’est le message que Fouzi Lekjaa a remis au centre du débat, en revenant sur la lettre de Kigali et sur la portée historique de l’organisation conjointe du tournoi par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Dans cette perspective, le Grand Stade Hassan II de Benslimane, avec ses 115.000 places annoncées, incarne les ambitions marocaines pour accueillir la finale du Mondial 2030.

En 2030, la Coupe du monde célébrera son centenaire. Un siècle après la première édition organisée en Uruguay, le football mondial s’apprête à vivre une édition singulière, qui reliera l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Sud. Le Maroc, l’Espagne et le Portugal accueilleront la compétition principale, tandis que l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay participeront aux célébrations du centenaire avec trois rencontres inaugurales.

Cette configuration donne au rendez-vous de 2030 une dimension historique particulière. Au-delà de la célébration d’un siècle de football, l’événement offre l’occasion de mettre en valeur les liens entre les peuples, les cultures et les deux rives de la Méditerranée.

C’est précisément cette ambition que Fouzi Lekjaa a tenu à rappeler lors de son passage, mercredi 28 octobre, dans l’émission « Saât Assaraha » sur 2M. Le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et de la Fondation Maroc 2030 a évoqué la lettre de Kigali, référence au message royal qui a placé l’organisation de cette Coupe du monde dans une perspective de rapprochement entre les civilisations et de renforcement des échanges entre les générations.

La lettre de Kigali, au-delà de la compétition

Pour Fouzi Lekjaa, la portée du Mondial 2030 ne saurait se réduire à la répartition des rencontres entre les trois pays hôtes. L’enjeu consiste aussi à faire de cette édition du centenaire un projet commun, porteur de valeurs de coexistence, de dialogue et de rapprochement entre les peuples.

La lettre de Kigali s’inscrit dans cette vision. Elle renvoie à une ambition qui dépasse les frontières et les considérations strictement sportives, en mettant en avant une histoire partagée et la possibilité de construire un avenir commun à partir de cultures qui se côtoient depuis des siècles.

Le Maroc, l’Espagne et le Portugal disposent, à cet égard, d’un cadre singulier pour faire de cette édition un événement fédérateur. La Méditerranée, espace de rencontres autant que de circulation des idées et des hommes, constitue l’un des fils conducteurs de cette ambition. Le football peut y jouer un rôle de trait d’union, en donnant à des millions de supporters une occasion de célébrer une passion commune.

Cette dimension symbolique n’efface évidemment pas les exigences concrètes de l’organisation. Elle en constitue plutôt le socle politique et culturel. Les infrastructures, la mobilité, l’accueil des supporters et la qualité des stades devront être à la hauteur de l’événement que les trois pays entendent proposer au monde.

C’est dans cet équilibre entre ambition collective et exigences opérationnelles que s’inscrit la candidature marocaine pour accueillir la finale.

Le Grand Stade Hassan II, l’argument des 115.000 places

Interrogé sur les chances du Maroc d’accueillir la finale, Fouzi Lekjaa a défendu un argument qu’il juge déterminant : la capacité de l’enceinte appelée à recevoir le dernier match de la compétition.

« La finale doit revenir à l’enceinte disposant de la plus grande capacité. Et pour l’instant, c’est le stade Hassan II », a affirmé le président de la FRMF.

Avec une capacité annoncée de 115.000 places, le Grand Stade Hassan II de Benslimane est appelé à devenir une enceinte majeure du football mondial. Son dimensionnement le place au cœur des ambitions marocaines face aux autres stades susceptibles d’accueillir la finale, notamment en Espagne.

L’argument de la capacité est central dans le discours de Fouzi Lekjaa. Une finale de Coupe du monde représente un événement exceptionnel, qui mobilise des dizaines de milliers de spectateurs dans le stade et des millions de téléspectateurs à travers le monde. La possibilité d’accueillir un public particulièrement nombreux constitue donc un atout dans la compétition entre les enceintes candidates.

Mais l’enjeu ne se limite pas au nombre de sièges. La FIFA devra également tenir compte de critères liés à la sécurité, aux transports, à l’hébergement, aux installations techniques et aux conditions générales d’organisation. La désignation de la ville et du stade de la finale reste une décision qui lui appartient.

Le Maroc entend néanmoins défendre un projet de grande envergure, dont le Grand Stade Hassan II constitue l’une des pièces maîtresses.

Un chantier structurant pour le Grand Casablanca

Au cours de son intervention, Fouzi Lekjaa a également évoqué l’avancement des travaux de cette future enceinte. Selon lui, le chantier progresse à un rythme satisfaisant, avec une livraison envisagée au début de l’année 2028.

Cette échéance permettrait de disposer d’un délai important avant le Mondial pour préparer l’exploitation du stade, tester ses installations et organiser des rencontres dans des conditions proches de celles attendues lors de la compétition.

Le président de la FRMF a notamment évoqué la possibilité d’y voir évoluer les Lions de l’Atlas, mais aussi le Wydad et le Raja de Casablanca. Une utilisation anticipée contribuerait à familiariser les équipes et le public avec cette nouvelle infrastructure.

Le projet s’inscrit par ailleurs dans une transformation plus large du Grand Casablanca. Fouzi Lekjaa a souligné le rôle attendu du stade dans la restructuration urbanistique de la métropole, en lien avec le développement des infrastructures de transport, notamment le réseau express régional (RER) et la ligne à grande vitesse (LGV).

« Dans les prochaines années, nous verrons un autre Grand Casablanca », a-t-il assuré.

Cette perspective souligne que l’ambition du projet ne s’arrête pas au coup de sifflet final du Mondial. L’accessibilité du site, les connexions avec les principaux pôles urbains et la capacité à gérer les flux de spectateurs seront déterminantes pour inscrire durablement cette enceinte dans le paysage sportif national.

Le Grand Stade Hassan II est ainsi appelé à conjuguer deux fonctions : répondre aux exigences d’un événement mondial et contribuer au développement territorial du Grand Casablanca.

Une finale, mais surtout un héritage

La course à la finale représente l’un des enjeux les plus visibles de la préparation du Mondial 2030. Elle ne doit cependant pas faire oublier la dimension collective du projet porté par les trois pays hôtes.

La lettre de Kigali rappelle le sens historique de cette organisation commune. Le Grand Stade Hassan II traduit, pour sa part, la volonté du Maroc de se doter d’infrastructures capables de répondre aux plus hautes exigences internationales.

Entre ces deux dimensions, symbolique et opérationnelle, se dessine l’ambition marocaine : accueillir une Coupe du monde à la hauteur du centenaire, tout en faisant de cet événement un levier de développement et de rapprochement entre les peuples.

Fouzi Lekjaa défend ainsi la capacité du Grand Stade Hassan II à accueillir la finale, sans dissocier cette ambition du projet commun avec l’Espagne et le Portugal. Le choix définitif reviendra à la FIFA. D’ici là, le Maroc entend faire valoir les atouts d’une enceinte appelée à occuper une place majeure dans le dispositif du Mondial 2030.

Un siècle après la naissance de la Coupe du monde, le rendez-vous de 2030 ne sera pas seulement une célébration du passé. Il sera aussi une occasion de donner une nouvelle portée au football, en faisant de cette passion universelle un espace de dialogue, de coopération et d’ambition partagée.

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