Longtemps en difficulté à Marseille, Amine Harit vit un automne lumineux. Le milieu offensif marocain a pris part à 11 rencontres cette saison, dont 9 en Ligue 1, pour 3 buts et une passe décisive. La presse locale lui a déjà trouvé un surnom : « le tube de l’automne », selon La Provence.
Un déclic face à Troyes
Tout a basculé le 11 octobre. Ce jour-là, Harit a marqué pour la première fois en deux ans sous le maillot de l’OM, lui qui avait passé la saison dernière en prêt à Başakşehir après des relations tendues avec Roberto De Zerbi. Depuis, il a enchaîné trois matchs et ajouté deux buts à son compteur.
Élu homme du match face à Toulouse, il a mis le collectif en avant : « C’est un trophée d’équipe. Pour moi, ça importe peu. Aujourd’hui, je suis fier », a-t-il déclaré, en soulignant la solidarité du groupe dans les moments difficiles. Il a aussi confié avoir « retrouvé le plaisir de jouer ». Marseille compte désormais quatre victoires de suite.
Genesio lui a redonné confiance
Ce renouveau doit beaucoup à son nouveau positionnement. Bruno Genesio l’utilise sur le côté droit, alors qu’il évoluait plutôt derrière l’attaquant ou à gauche. Harit y est percutant, précis et capable de faire la différence sur un geste technique. « Il a la confiance, l’envie, il veut montrer des choses », a résumé son entraîneur.
Faute de recrues estivales, le technicien français a misé sur les joueurs déjà présents. Un pari gagnant avec Harit, qui rend aujourd’hui cette confiance sur la pelouse. À ce rythme, il pourrait même approcher ses meilleures statistiques en carrière, établies en 2019-2020 à Schalke 04 : 7 buts et 5 passes décisives.
Le parcours du joueur à l’OM n’a pourtant pas été simple : en quatre ans, il a connu sept entraîneurs différents, entre blessures, changements de statut et manque de continuité.
Et les Lions de l’Atlas ?
À 29 ans, Harit compte 24 sélections (1 but, 4 passes décisives) depuis ses débuts en octobre 2017. Il a pris part à la Coupe du monde 2018 et à la CAN 2023, mais reste surtout associé à son forfait pour le Mondial 2022 au Qatar. Quelques semaines avant le tournoi, une grave blessure au genou gauche, nécessitant une greffe ligamentaire, l’avait privé de l’épopée historique des Lions.
Il ne s’est pourtant jamais résigné, travaillant sans relâche pour retrouver ses sensations et sa confiance. Aujourd’hui, avec plusieurs blessés chez les Lions, son retour en sélection n’a plus rien d’improbable. Sa forme, son expérience et sa maturité plaident en sa faveur. Reste à savoir si Mohamed Ouahbi lui rouvrira les portes de la tanière.

