À la veille de l’annonce de sa liste pour la double confrontation face au Niger, les 13 et 17 novembre, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027, Mohamed Ouahbi doit composer avec une cascade de blessures. Plusieurs cadres sont indisponibles, d’autres restent incertains. Un contexte qui contraint le sélectionneur national à revoir ses plans et pourrait ouvrir la porte à de nouveaux visages, mais aussi à des retours attendus.
Des forfaits qui ouvrent de nouvelles possibilités
L’infirmerie des Lions de l’Atlas affiche complet. Ismaël Saibari, opéré après une blessure à la cheville droite, sera éloigné des terrains pendant plusieurs mois. Azzedine Ounahi est également indisponible, tandis qu’Ayoub El Kaabi poursuit sa rééducation après une fracture du tibia gauche.
Le secteur défensif est lui aussi touché avec l’absence de Chadi Riad, victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. Soufiane Rahimi demeure, de son côté, incertain. À ces situations s’ajoutent les alertes médicales concernant Ilias Akhomach, Soufiane El Fawzi et Youssef Belammari.
Cette accumulation de pépins physiques touche les trois lignes et prive Ouahbi de plusieurs solutions importantes. L’absence de Saibari est particulièrement pénalisante en raison de sa polyvalence, de sa capacité à se projeter et de son apport dans les derniers mètres. Pour compenser ces défections, le sélectionneur pourrait notamment faire appel à des joueurs en quête d’un come-back.
Amine Harit, dont les prestations avec l’Olympique de Marseille sont encourageantes, figure parmi les candidats. Youssef En-Nesyri pourrait également retrouver le groupe, tandis que Reda Belahyane constitue une autre possibilité au milieu de terrain. Autant de pistes qui pourraient permettre à Ouahbi de rééquilibrer son effectif.
Hakimi, un atout majeur à exploiter autrement
Dans ce contexte, Achraf Hakimi demeure l’une des principales certitudes du sélectionneur. Ses prestations avec le Paris Saint-Germain, notamment face au Havre, ont encore illustré son influence offensive et sa capacité à faire basculer une rencontre.
Son utilisation par Luis Enrique mérite réflexion. À Paris, Hakimi ne se contente plus d’occuper son couloir droit. Il bénéficie d’une liberté de mouvement qui lui permet de rentrer dans l’axe, d’attaquer les espaces et de participer davantage à la construction comme à la finition.
Mohamed Ouahbi pourrait s’inspirer de cette animation pour tirer le meilleur de son capitaine. L’hypothèse d’une défense à trois, avec Hakimi positionné en piston droit, offrirait une piste intéressante. Un système en 3-4-3 ou en 3-5-2 permettrait de lui donner davantage de latitude offensive, tout en conservant une couverture défensive à trois centraux.
Il ne s’agit pas d’une révolution tactique annoncée, mais d’une option à explorer. Le sélectionneur devra surtout trouver le meilleur équilibre entre les qualités individuelles de ses cadres et les absences qui bouleversent son organisation.
Zabiri et Bentayeb, l’heure de la confirmation
Les difficultés du secteur offensif pourraient profiter à des joueurs déjà appelés par Ouahbi. Yassir Zabiri, convoqué en septembre dernier, ne serait pas une découverte, mais un joueur appelé à confirmer sa place dans le groupe. Dans une attaque amputée de plusieurs éléments importants, ses prestations et sa progression pourraient lui permettre de gagner en responsabilités.
Même logique pour Tawfik Bentayeb. Déjà convoqué en septembre, l’attaquant avait été privé du premier match face au Gabon à la suite d’un protocole médical consécutif à un choc au visage. Une nouvelle convocation lui offrirait l’occasion de confirmer qu’il peut s’inscrire durablement dans les plans du sélectionneur.
Ces deux profils pourraient apporter des solutions supplémentaires dans un secteur où les absences obligent à redistribuer les cartes. La double confrontation face au Niger pourrait ainsi constituer une occasion de renforcer la concurrence et d’élargir les options offensives.
Adnane Abid, la Belgique entre dans la course
Un autre nom s’invite dans les réflexions du sélectionneur : Adnane Abid. L’ailier du Standard de Liège, auteur d’un début de saison remarqué, figure dans les plans de Mohamed Ouahbi et pourrait prétendre à une première convocation chez les Lions de l’Atlas.
Mais le dossier dépasse le seul terrain sportif. Formé en Belgique et passé par les sélections de jeunes belges, le joueur suscite également l’intérêt de la Fédération belge. La perspective de le voir rejoindre le Maroc aurait ainsi accéléré les démarches du côté des Diables Rouges.
Le profil d’Abid présente un intérêt évident pour Ouahbi. Sa percussion, sa capacité à provoquer et son efficacité dans les derniers mètres pourraient offrir une solution supplémentaire sur les côtés. La concurrence belge donne toutefois une dimension particulière à ce dossier. La préconvocation marocaine constitue un signal, mais la décision du joueur et les choix du sélectionneur seront déterminants.
Ouahbi face à ses responsabilités
La situation impose au sélectionneur de faire des choix, mais aussi de trouver des réponses collectives. Les absences de Saibari, Ounahi, El Kaabi et Riad, auxquelles s’ajoutent l’incertitude autour de Rahimi et les autres alertes médicales, ne peuvent être compensées par de simples changements poste pour poste.
Ouahbi dispose néanmoins d’un réservoir suffisamment étoffé pour aligner une équipe compétitive. Encore faudra-t-il trouver les bons équilibres, donner leur chance aux profils en forme et gérer les retours sans précipitation.
Entre la gestion des absences, les possibles come-back d’En-Nesyri, de Belahyane et de Harit, la confirmation de Zabiri et de Bentayeb, sans oublier le dossier Adnane Abid, Mohamed Ouahbi aborde ce rassemblement à l’heure des choix forts. Sa liste constituera un premier indicateur de ses intentions, mais aussi de sa capacité à transformer une hécatombe en opportunité.

