Mondial 2030 : 840.000 emplois, 600 sites et 13,2% de croissance du PIB, les projections dévoilées par Lekjaa

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A moins de quatre ans de la Coupe du monde 2030, Fouzi Lekjaa a présenté, ce mardi 3 novembre, devant la Commission des finances et du développement économique de la ChambÀre des représentants, les grandes données relatives aux préparatifs du Royaume. Investissements, infrastructures, retombées économiques, fiscalité et avenir des stades : le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique a livré plusieurs chiffres marquants.

Le Mondial 2030 ne se limite pas à la construction de stades et à l’organisation de 104 rencontres. C’est le message défendu par Fouzi Lekjaa lors de son intervention devant les députés, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2027.

« Le Mondial est la boussole de ce que nous serons en 2030 », a-t-il affirmé, soulignant que cette échéance doit accompagner une dynamique de développement économique et territorial à l’échelle nationale.

Plus de 600 sites mobilisés dans six villes
Le dispositif marocain de préparation à la compétition concerne plus de 600 sites répartis à travers le Royaume. Les six villes retenues pour accueillir les rencontres sont Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanàger, Agadir et Fès.

Les chiffres présentés par Lekjaa donnent la mesure du chantier : 172 centres de services destinés aux équipes, 164 terrains d’entraînement, 122 hôtels, 72 aéroports ou points d’accueil et 13 fan zones. Plus de 30 camps de base devront également être aménagés pour recevoir les sélections participantes.

Interrogé sur la distance séparant Casablanca du futur Grand Stade Hassan II de Benslimane, le ministre a assuré que la métropole resterait « le cœur battant » du Mondial 2030. Le développement du réseau express régional (RER), les projets ferroviaires et la modernisation des infrastructures aéroportuaires doivent notamment faciliter les déplacements des supporters et des délégations.

Pour Lekjaa, un trajet d’une heure, voire moins, entre Casablanca et le futur stade demeure conforme aux standards internationaux.

Le Grand Stade Hassan II après 2030

L’avenir de la future enceinte de 115.000 places a également occupé une place importante dans les échanges. Fouzi Lekjaa a écarté l’idée d’un équipement destiné uniquement à la Coupe du monde.

Le Raja et le Wydad, ainsi que les Lions de l’Atlas, devraient pouvoir y disputer leurs grandes affiches. Les études évoquées par le ministre font état d’un potentiel d’au moins 25 rencontres par saison susceptibles d’attirer plus de 100.000 spectateurs.

L’objectif est donc de garantir une exploitation durable de cette infrastructure après le rendez-vous mondial, tout en contribuant au développement du football national.

Concernant le coût définitif du Grand Stade Hassan II, Lekjaa n’a pas avancé de montant global. Il a expliqué que le chantier était réalisé par tranches successives, chacune disposant de son propre budget. Le coût final ne pourra ainsi être arrêté qu’à la livraison complète du projet.

840.000 emplois et une progression attendue du PIB

Sur le plan économique, les projections présentées devant les députés sont particulièrement ambitieuses. Selon les chiffres communiqués par Lekjaa, l’investissement global devrait enregistrer une croissance cumulée de 21,2% sur la période 2023-2030, tandis que le PIB pourrait progresser de 13,2%.

Les préparatifs et la dynamique économique associée au Mondial devraient également contribuer à la création de plus de 840.000 emplois dans différents secteurs.

Le tourisme figure parmi les principaux bénéficiaires attendus. Le Maroc ambitionne d’accueillir 26 millions de touristes à l’horizon 2030, pour des recettes touristiques dépassant 156 milliards de dirhams. Le secteur pourrait générer plus de 158.000 emplois supplémentaires.

Ces données constituent des projections dont la concrétisation dépendra de la réalisation des investissements et de la capacité des différents secteurs à transformer cette échéance sportive en opportunités économiques durables.

Investissements, fiscalité et entreprises marocaines

Le ministre a également abordé les mesures fiscales et douanières prévues pour accompagner l’organisation de la compétition. Des exonérations temporaires et ciblées sont envisagées au bénéfice des organismes et des personnes impliqués dans la préparation et le déroulement du Mondial. Certaines dispositions pourront s’étendre jusqu’en 2031 et 2032.

Autre enjeu : permettre aux entreprises marocaines de bénéficier pleinement des marchés générés par la compétition. Les parlementaires ont notamment insisté sur la transparence dans l’attribution des marchés publics, l’égalité des chances et la préférence nationale, avec une attention particulière aux PME et TPE.

Lekjaa a également évoqué les opportunités liées à la production audiovisuelle, avec l’ambition de renforcer les compétences nationales pour participer à la production télévisuelle des rencontres du Mondial.

S’agissant des investissements ferroviaires, le ministre a tenu à distinguer les projets directement liés à la compétition des programmes structurants répondant aux besoins de développement du pays. Il a notamment contesté l’assimilation automatique des 104 milliards de dirhams d’investissements programmés par l’ONCF au coût adu Mondial 2030.

Un héritage à l’échelle nationale
Enfin, les échanges ont porté sur la répartition territoriale des retombées de la compétition. Plusieurs députés ont plaidé pour que les investissements profitent également aux régions non retenues parmi les villes hôtes, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, des routes et des infrastructures sportives.

Lekjaa a cité plusieurs projets sportifs réalisés ou programmés à Laâyoune, Dakhla, Kénitra et Meknès, soulignant la nécessité d’élargir l’accès des jeunes aux équipements sportifs.
Au-delà des 104 rencontres et des infrastructures nécessaires à leur organisation, le défi du Maroc consiste désormais à inscrire le Mondial 2030 dans une dynamique de développement qui profite à l’ensemble du Royaume. Une compétition de quelques semaines, mais des transformations appelées à durer bien au-delà du dernier coup de sifflet.

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