Lions de l’Atlas : Ouahbi à l’heure des choix, bien plus qu’une liste pour le Niger

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La liste de Mohamed Ouahbi, attendue ce mercredi 4 novembre, ne se résume pas à une opération de remplacement des blessés. À l’approche de la double confrontation avec le Niger, les 13 et 17 novembre, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027, le sélectionneur national est confronté à un exercice plus intéressant : préciser sa hiérarchie, installer ses principes de jeu et déterminer les profils sur lesquels il souhaite s’appuyer pour construire son équipe.

Le rassemblement de septembre avait permis de prendre une première photographie de ses intentions. Avec 29 joueurs convoqués, deux victoires face au Gabon et au Lesotho et un nul contre le Mali, Ouahbi avait commencé à dessiner les contours de son groupe. Novembre pourrait constituer une nouvelle étape. Les blessures d’Azzedine Ounahi et d’Ismael Saibari, notamment, l’obligent à revoir certaines associations. Mais elles lui offrent également l’occasion d’explorer d’autres solutions.

Une hiérarchie à installer, une relève à préparer

Dans les buts, Yassine Bounou reste le numéro un incontestable. Son expérience et son statut ne souffrent guère de discussion. La question se situe davantage derrière lui.

À 37 ans, Munir El Kajoui représente une solution expérimentée, mais le sélectionneur doit aussi penser à l’avenir. Les prestations d’Alaa Bellaarouch avec le Dinamo Bucarest méritent ainsi une attention particulière. Le jeune gardien pourrait progressivement gagner du terrain dans la hiérarchie, tandis qu’Ahmed Reda Tagnaouti demeure une autre possibilité.

L’enjeu est de préparer la transition sans précipitation. Une sélection qui ambitionne de rester compétitive sur la durée ne peut pas attendre qu’un titulaire quitte définitivement la scène pour réfléchir à sa succession.

En défense, la situation est plus complexe. Nayef Aguerd, Abdelhamid Aït Boudlal et Issa Diop constituent des options sérieuses dans l’axe. Mais les choix du sélectionneur pourraient également être dictés par une réflexion tactique.

Omar El Hilali, titulaire avec l’Espanyol Barcelone, présente un profil intéressant. Sa capacité à défendre dans les duels, sa mobilité et son expérience en Liga pourraient lui permettre de retrouver la sélection. Surtout, son intégration offrirait une possibilité supplémentaire : celle d’une défense à trois centraux.

Cette hypothèse mérite d’être examinée. Elle permettrait à Achraf Hakimi et Noussair Mazraoui de bénéficier de davantage de liberté dans les couloirs, tout en donnant au Maroc une solution face aux équipes qui ferment les espaces.

Une défense à trois ne constitue pas une fin en soi. Elle représente une option supplémentaire dans la boîte à outils du sélectionneur. Encore faut-il disposer des automatismes et des profils adaptés.

Sur les côtés, Souffian El Karouani, Ali Maamar et Mohamed Chibi sont également à considérer. Leurs caractéristiques différentes permettent d’envisager plusieurs configurations, avec une concurrence qui pourrait devenir particulièrement intéressante.

Le milieu, le véritable chantier de novembre

C’est probablement dans l’entrejeu que Mohamed Ouahbi devra apporter les réponses les plus immédiates.

L’absence d’Azzedine Ounahi prive les Lions d’un joueur capable de casser les lignes par la conduite de balle, de créer des décalages et de donner du rythme à la circulation offensive. Celle d’Ismael Saibari réduit également les possibilités de projection et d’infiltration.

Neil El Aynaoui, Ayyoub Bouaddi, Bilal El Khannous et Oussama Targhalline devraient constituer une partie de la base de travail du sélectionneur. Abdellah Ouazane pourrait également poursuivre son intégration après sa première convocation.

Mais deux dossiers attirent particulièrement l’attention.

Reda Belahyane a retrouvé une place importante à la Lazio sous les ordres de Gennaro Gattuso. Son retour éventuel permettrait d’élargir les solutions dans un secteur où le Maroc a besoin de diversité. Sa capacité à participer à la construction et à assurer les transitions pourrait constituer un atout.

Amine Harit présente un autre registre. Le Marseillais possède cette faculté de jouer entre les lignes, de conserver le ballon sous pression et de provoquer dans les petits espaces. Dans certaines configurations, ce profil peut faire la différence face à un adversaire regroupé.

Leur éventuelle présence soulèverait néanmoins une question essentielle : Ouahbi souhaite-t-il disposer de plusieurs créateurs ou privilégier un milieu davantage porté sur l’équilibre, la récupération et les projections rapides ?

Il devra surtout éviter l’accumulation de profils similaires. Le football international exige des milieux capables de remplir des fonctions complémentaires : protéger la défense, orienter le jeu, accélérer les transitions et accompagner les offensives.

  1. En-Nesyri, une autre lecture du jeu offensif

Les absences de Saibari, Soufiane Rahimi et Ayoub El Kaabi pourraient également modifier les plans offensifs.

Le retour éventuel de Youssef En-Nesyri constituerait l’une des principales curiosités de cette liste. Absent de la sélection depuis la CAN 2025, l’attaquant d’Al-Ittihad dispose d’arguments sportifs, notamment son expérience internationale et son profil de véritable avant-centre.

Son apport ne se limite pas à la finition. Sa présence dans la surface, son jeu aérien et sa capacité à fixer les défenseurs peuvent offrir une autre dimension au jeu marocain.

Il ne s’agirait donc pas simplement de rappeler un attaquant pour compenser une absence. Ce serait aussi l’occasion de disposer d’une alternative tactique.

Brahim Diaz et Abdessamad Ezzalzouli devraient conserver une place importante dans le dispositif. Gessime Yassine, Yassir Zabiri et Tawfik Bentayeb représentent également des options intéressantes pour enrichir la concurrence.

La question sera de savoir comment articuler ces différents profils. Le Maroc dispose de joueurs capables de prendre la profondeur, d’autres qui préfèrent recevoir dans les pieds et de véritables joueurs de surface. À Ouahbi de trouver la bonne combinaison.

Casablanca, un rendez-vous sportif et symbolique

Cette liste sera enfin accompagnée d’une dimension particulière : le retour des Lions de l’Atlas à Casablanca.

Le 13 novembre, la sélection retrouvera le Complexe Mohammed V, près de quatre ans et demi après sa dernière apparition dans cette enceinte. Un retour attendu par le public casablancais, qui donnera une tonalité particulière à cette rencontre face au Niger.

La seconde confrontation, programmée le 17 novembre à Rabat, permettra de poursuivre le travail engagé et de mesurer les solutions retenues par le sélectionneur.

Au-delà des résultats, ce rassemblement devra permettre à Ouahbi de répondre à plusieurs interrogations : quelle défense privilégier ? Quels profils associer au milieu ? Quelle place accorder aux joueurs de retour en forme ? Et surtout, quelle hiérarchie installer à l’approche des prochaines échéances ?

Une liste de sélectionneur, en somme, et pas seulement une liste de circonstance.

Car le véritable défi de Mohamed Ouahbi n’est pas de réunir les meilleurs noms disponibles. Il est de construire une équipe capable de transformer les individualités en collectif, les talents en complémentarités et les options tactiques en certitudes sur le terrain.

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