Le dossier de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal continue de susciter des débats, en attendant la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS). Dans cette bataille juridique, un avocat spécialisé dans le contentieux sportif estime que le règlement de la CAF constitue un sérieux argument en faveur du Royaume.
Interrogé par le quotidien espagnol Sport, Romain Bizzini, avocat ayant déjà plaidé devant le TAS, a livré son analyse des chances respectives des deux parties. Selon lui, les arguments juridiques avancés par le Maroc reposent sur des dispositions réglementaires particulièrement solides.
Au cœur du dossier figurent les articles 82 et 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des nations. Ces textes encadrent notamment les situations dans lesquelles une équipe refuse de poursuivre une rencontre ou quitte le terrain avant son terme sans l’autorisation de l’arbitre. Une telle attitude peut être assimilée à un forfait, entraînant l’élimination de l’équipe concernée et une défaite sur le score de 3-0.
C’est précisément sur cette base que le jury d’appel de la CAF avait décidé de sanctionner le Sénégal et d’attribuer la victoire au Maroc sur tapis vert.
Les textes réglementaires au centre du débat
Pour Romain Bizzini, la difficulté de la Fédération sénégalaise de football (FSF) sera de démontrer que l’interprétation et l’application des dispositions réglementaires par les instances de la CAF étaient erronées.
L’avocat évoque également l’argument relatif aux joueurs sénégalais restés sur la pelouse au moment des événements. Une question qui renvoie notamment à la loi 3.1 de l’IFAB, laquelle prévoit qu’une rencontre ne peut se poursuivre si l’une des équipes compte moins de sept joueurs.
Cet élément pourrait alimenter les débats juridiques, mais ne suffit pas, à lui seul, à écarter les dispositions spécifiques du règlement de la compétition.
Un match à rejouer, une hypothèse peu crédible
Autre scénario évoqué dans ce dossier : la possibilité de faire rejouer la finale. Romain Bizzini considère cette issue comme peu probable, estimant qu’elle ne trouve pas de fondement évident dans les dispositions réglementaires applicables à cette affaire.
L’avocat aborde également les conséquences d’une éventuelle confirmation de la décision de la CAF. Le Sénégal devrait alors restituer les récompenses, le trophée et les médailles obtenus à l’issue de la compétition.
Dans son appréciation, Romain Bizzini accorde 75 % de chances au maintien de la décision favorable au Maroc. Une estimation personnelle qui traduit, selon sa lecture du dossier, la solidité des arguments réglementaires sur lesquels s’appuie la position marocaine.
Le verdict appartient désormais au Tribunal arbitral du sport. Attendue à la fin du mois de novembre, sa décision viendra clore, ou du moins éclaircir, l’un des contentieux les plus sensibles de l’histoire récente de la Coupe d’Afrique des nations.

